AM : En premier lieu, félicitations pour ce premier album éponyme plus que réussi ! Il ferait se faire planter un hell's angel lancé à toute vitesse sur la route 66 ;)
Peut-on en savoir plus sur le passé de Headcharger ? Pourquoi avoir changé de nom avant de passer le cap du premier album ?
Headcharger : Et bien, avant de d'opter pour le nom d'HEADCHARGER,
le groupe s'appelait autrefois Doggystyle, nous avons fait pas mal de concerts
sous ce nom et sorti quelques enregistrements dont le dernier album de Doggystyle
« Moments of Awakening ». nous avons été contraints
de changer de nom pour des raisons contractuelles (copyright sur le nom Doggystyle).
Plus symboliquement cela a coïncidé avec l'affirmation de la réelle
identité du groupe. Le line up s'est stabilisé avec l'arrivée
de Dod et David aux guitares ce qui a contribué à définir
et à poser les bases de ce qu'est Headcharger aujourd'hui.
Entre temps il y a eu pas mal de concerts un peu partout en France et en Europe,
des rencontres bref tout ce qui forge et renforce un groupe. Le passage de Doggystyle
à Headcharger reflète en quelque sorte l'ensemble de ces étapes.
AM : D'où est venue cette idée d'inclure à une base d'hardcore des éléments très rock'n'roll ? Quels sont les influences du groupe ?
Headcharger : Je crois qu'on ne s'est tout simplement pas
posé la question de quelle devait être la recette au niveau de
la composition de nos morceaux. Nous avons simplement laissé libre cours
à nos sensations. Le fait est qu'on retrouve dans la musique d'Headcharger
les influences de chacun des membres et cette cohésion donne cette musique
personnelle qui est celle d'Headcharger.
Les influences sont diverses car personne n'écoute réellement
les mêmes choses même si l'on peut avouer que nos influences sont
ROCK au sens large du terme. Romain -Basse- est celui qui écoute le plus
de hardcore d'entre nous (Turmoil, Ryker's, Madball, Everytime I Die, ...),
Guillaume -Batterie- écoute plus particulièrement du hip hop et
du hard-rock (T.T.C., La Rumeur, NTM, Dr DRE, ...mais aussi Metallica, Motley
Crüe, Guns N' Roses), David -guitare- est plutôt branché rock
70's (Led Zep, AC/DC, Alice in chains, ...), Dod -guitare- quand à lui
un fan de Metal des années 80-90 (Pantera, Anthrax, Metallica), et Seb
-chant- apprécie différents style de rock metal (Tool, Boysetfire,
Pearl Jam, Comeback Kid, ...)
AM : De quoi parlent vos paroles ? Votre imagerie s'approche de certains groupes de hard rock comme Black Label Society ou Motorhead avec le coté motard ou tuning mais quand on voit les titres de vos chansons, ils collent plus au style revolté du hardcore.
Headcharger : Disons qu'il n'y a rien de revendicatif dans
les paroles, c'est juste une constatation et un point de vue souvent ironique
de ce que nous observons autour de nous. Par exemple le morceau « The
Other Side of the coin » exprime l'idée d'un producteur qui donne
du divertissement au public sans avoir le soucis de l'argent ou de la gloire,
puis ensuite, c'est le retournement de veste, il fait comprendre à son
public que maintenant ce sont les kids qui ont besoin de lui s'il veulent continuer
à écouter de la musique, il est devenu indispensable dans leur
vie, le public devient alors prisonnier du système.
Au niveau de l'imagerie, il est vrai qu'on trouve que le coté routard
colle bien à la musique rock n' roll d'Headcharger. Ce genre de musique
qu'on apprécie d'écouter sur les grandes routes américaines
à travers le désert...
AM : Le son de l'album est très bon et colle parfaitement à votre style, qui l'a enregistré et mixé ?
Headcharger : Pour ce nouvel album, nous avions envie de
franchir un cap au niveau de la production, on voulait vraiment le peaufiner,
alors on a pris contact avec plusieurs producteurs qui semblaient abordables
en Europe pour une éventuelle collaboration. Nous avons eu quelques réponses
mais la personne la plus motivée par le projet était sans aucune
hésitation le suisse Serge Morattel. Son travail avec différents
groupes underground mais reconnus (Knut, Overmars, Tantrum, Membrane, Impure
Wilhelmina, ...) nous plaisait bien ; de plus son travail sur l'album Challenger
de KNUT, nous a mis la puce à l'oreille, quant à son efficacité
de tirer le meilleur d'un groupe sur CD. Nous avons passé 1 mois et demi
au total, entre la Normandie et la Suisse avec cet homme et je dois avouer que
c'était une aventure hors du commun. Il a su pousser chacun des membres
du groupe au maximum de son potentiel musical. C'était le 6eme membre
du groupe pendant les sessions de studio, tant ses idées et sa collaboration
ont été un ingrédient indispensable à la saveur
de cet album.
Nous sommes alors rentrés à la maison très satisfait et
nous avons envoyé les bandes aux USA vers le studio de mastering d'Alan
Douches (Sepultura, Hatebreed, Chemical Brothers, ...) avec qui nous avions
pris contact au préalable. Le travail de cet homme a su s'additionner
à celui de Serge, ce qui fait que l'album d'Headcharger garde une bonne
patate. Au final, nous sommes très fier de cet album et nous espérons
que vous aurez autant de plaisir à l'écouter que nous avons eu
à le réaliser.
AM : Comment s'est passée la signature avec le label Custom Core ? Etes vous content des résultats ?
Headcharger : C'est une histoire de rencontres....Mika avait déjà était séduit par notre travail sous l'air Doggystyle. Ensuite nous lui avons fait écouté des ébauches de ce nouvel album et il a été intéressé par cette nouvelle aventure. Il faut ajouter à cela le fait que l'on avait les mêmes ambitions concernant la sortie de cet album.
AM : Que pensez vous de la scène française ? Il y a pas mal de bons groupes chez vous, que ce soit dans le metal ou dans le hardcore. Dommage qu'ils n'arrivent pas à s'exporter hors de vos frontières facilement. Peut-on espérer vous voir en Belgique ?
Headcharger : Je pense en effet que la scène française
se porte plutôt bien du moins au niveau des groupes. Après il faut
bien avouer que le public ne suit pas toujours. Contrairement à nos voisins
il n'y a pas de vraie « culture rock ».
Pour ce qui est de notre musique, il est évident que l'on tient à
ce qu'elle s'exporte au-delà de nos frontières. Nous travaillons
dans ce sens et il semble fortement probable que l'on vous rende une petite
visite pour 2006.
AM : Beaucoup de personnes ont toujours aimé mettre une frontière entre le hardcore et le metal plus traditionnel, pourtant je pense que ces deux styles y gagnent à se mélanger. Qu'en pensez vous ?
Headcharger : Ha !!! L'étroitesse d'esprit de certains nous fera toujours marrer. Comme tu peux t'en douter on se moque complètement des étiquettes. L'important reste de tirer le meilleur de chacun des membres d'un groupe.
AM : Quels sont vos projets ?
Headcharger : Toujours plus de concerts, toujours plus de rencontres, toujours plus de tout ......
AM : Dernière question rituelle, pose toi une question que tu aimerais que l'on te pose...
Headcharger : Qu’est ce qui vous motive le plus à
continuer ce groupe ?
De voir le sourire sur le visage des gens quand ils viennent nous voir en live.
On aime donner de bons sentiments aux gens, c’est une chose agréable
et indispensable pour nous.