Alexandra Bernard & Mehdi Khadouj

Groupe : Beyon-D-Lusion
Instrument/Position : Chant & Guitares

 Une interview par Hellric 

AM : Nous avions eu l’occasion de faire connaissance avec vous pour le premier MCD « First step to the source », quel accueil lui a-t-il été réservé par le public et par la presse ?

Mehdi : L'album a été très bien reçu par tout le monde, au delà de nos espérances pour être honnêtes. C'est grâce à First.... que les mag et webzines nous attendaient au tournant. Certains étaient perplexes et attendaient d'en voir plus. Au jour d'aujourd'hui, la majeure partie des gens est convaincue par la crédibilité de BDL, que l'on considère maintenant comme un véritable groupe et les concerts renforceront cette idée. Je pense aussi que les futures compositions du groupe seront encore plus abouties que celles d'Intuispection.

AM : Comment s’est passée la compo de ce premier album ? Medhi, tu avais dit que tu ne ferais plus tout toi-même cette fois, alors, est-ce que cela a été le cas ? La musique me semble plus progressive mais aussi plus heavy, plus variée et plus « mure » que sur le mcd…

Mehdi : J'ai pris le temps de travailler et j’ai tenu compte de l'avis de tout le monde même si toutes les idées n'ont pas pu être retenues faute de temps. En termes de compo, je suis encore l'unique compositeur, mais chacun donne vraiment son avis et certains morceaux ont assez changé entre le moment où je les ai présentés et l'enregistrement studio. Beaucoup de personnes pensent que le groupe a progressé mais ce n'est pas vrai.

AM : Je perçois quelques influences étrangères au niveau des arrangements et percussions (« Lumina » par exemple), sont-elles d’origine nord africaine, et si oui est-ce important pour toi de faire ce petit clin d’œil à tes origines ?

Mehdi : je ne dirai pas que c'est un clin d'oeil. Je compose la musique qui me fait vibrer et les sonorités africaines, indiennes et la world musique sont des sonorités qui me transcendent. J'aime beaucoup le mélange, c'est ce qui fait l'intérêt de BDL pour moi et j'ose espérer que nos ajouts de darbuka, de djembé (...) pousseront certaines personnes à s'intéresser à la musique orientale. Comme certains le disent, il faut cultiver la Différence et non l'Indifférence.

AM : J’aime beaucoup le chant agressif sur « A-Mazing grace part II » et « Tribute to Mrs Keystone », signé Ben de Sybreed, comptez-vous poursuivre l’intégration de chant agressif par la suite ou était-ce un essai unique ?

Mehdi : Je pense que, par la suite, il y aura toujours du chant agressif car c'est vrai que l'on est assez content de cet ajout et tout le monde a vraiment accroché. J'ai 2 guests que j'aimerais vraiment avoir sur notre prochain album mais on verra plus tard si c'est possible. Je m'occuperai par la suite de les faire en concert si j'y arrive bien (rires...).

AM : « Intuispection », un titre énigmatique, synthèse d’introspection et d’intuition ? Qu’est-ce qui se cache derrière ce titre et derrière les textes des chansons de cet album ?

Alexandra : Oui, comme tu l’as dit c’est la synthèse même d’« introspection » et d’« intuition ». L’introspection est une “démarche” personnelle, soit la volonté de se découvrir, les bons côtés comme les mauvais, et d’essayer d’en retirer quelque chose, de transformer le négatif en positif. En ce qui concerne l’intuition, elle vient à nous sans que l’on en connaisse l’origine, après chaque personne décide d’en tenir compte ou non.
La contraction des deux termes ramène au fait que l’on cherche souvent des réponses ailleurs qu’en nous-même et qu’on passe notre temps à courir après quelque chose qui est en nous.
Quant aux textes, ils sont inspirés de la vie quotidienne, des choses qui me touchent, qui me blessent, qui me réjouissent, qui m’aident à avancer, qui me blindent, tout ce qui pousse à se remettre en question, à ne pas accepter les choses sans s’interroger sur leur sens, ce qu’elles peuvent nous apporter…
La spiritualité était un thème cher à Mehdi et moi-même lorsque BDL est né. Les épreuves et événements en tout genre de la vie quotidienne sont autant de clés et de pistes vers la recherche de soi.

AM : Au fait qui est cette « Mrs Keystone » à qui vous rendez hommage en plage 3 ?

Alexandra : (rires !) Si j’avais voulu qu’on le sache, je l’aurais nommé par son prénom ! Trêve de plaisanterie, sans la nommer, c’est quelqu’un qui représente toutes les personnes qui traversent notre vie qui nous apportent tout, nous apprennent tout, nous aident à être plus fort, et qui, quelque part, nous empêchent presque de voler de nos propres ailes en créant, involontairement, une espèce de dépendance, de relation fusionnelle. Ce sont au final, des personnes dont on finit par tout attendre, et que l’on finit par détester lorsqu’elles nous sont d’aucune aide, mais que l’on ne peut s’empêcher d’aimer plus tout : de véritables piliers. Encore une fois, nous sommes les propres clés à notre épanouissement, et tout ne repose pas sur les autres…

AM : Quelle est maintenant la suite du programme pour Beyon-D-Lusion ? Vous allez continuer à promouvoir cet album je présume, et on dit souvent qu’il n’est pas facile pour un groupe français de percer à l’étranger, qu’en pensez-vous ?

Mehdi : Effectivement, je pense aussi que ce n'est pas facile de percer à l'étranger mais après pourquoi essayer de percer à l' étranger lorsque l'on ne réussit pas en France. Nous voulons d'abord réussir en France, tourner un maximum et diffuser notre musique le plus possible. Notre but premier est de tourner, pour l'instant nous ne cherchons pas à faire 20 000 concerts par an ou devenir intermittent du spectacle. Nous recherchons plutôt de bonnes premières parties, si possible de groupes qui correspondent plus ou moins à ce que nous faisons (...) encore que....s'il y a du monde, peu importe le style.

AM : Maintenant pour conclure, pose-toi une question que tu aurais souhaité que je te pose et réponds-y….

Mehdi : Mehdi, que penses-tu des petites guéguerres que se font certains amateurs de différents styles de musique ?

Mehdi : Elles ne sont fondées sur rien si ce n'est la fermeture d'esprit. Je suis un fan de black death suédois et j'aime beaucoup certains titres de rap français. J'aime les réactions que cela suscite lorsque je dis que je ne suis pas du tout fan d'un «soi-disant » mythique Slayer ou que je ne connais pas les albums de Morbid Angel. Pour moi la musique est de l'Art et un artiste n'est ni plus ni moins qu'un médiateur entre 2 niveaux d'existence. Il rend « tangible » ce qu'il perçoit à un niveau vibratoire plus élevé. L'Art n'est en rien une notion ou un loisir qui appartient à une classe sociale particulière, ce sont des conneries tout ça. Ce qui est à plaindre, c’est l'envie de vouloir copier ce que font les autres. C'est dommage dans le sens ou l'épanouissement est tellement moindre !
Si j'estime que dans une chanson , j'aimerais entendre de l'accordéon ou un rappeur américain, je le ferai et si ça agace les autres, alors je n'en serai que plus satisfait ! Il faut être ouvert !! Et c'est valable pour tout ! C'est tellement plus enrichissant ...