| Groupe | : Ancient Rites |
| Instrument/Position | : Chant |
AM : Cela fait un moment que "Dim Carcosa” est sorti, qu’est-il arrivé à Ancient Rites pendant ce temps, vous avez connu un changement de label...
Gunther : Nous avons sorti un cd live (“And the Hordes stood as One”) et un dvd entre les deux albums studio, mais l’album live a eu une mauvaise promotion de la part de notre ancien label, en fait le dvd n’a jamais été décemment distribué. Mais tu as raison, le temps a été long. Les raisons sont des changements de line up et de label. Hammerheart n’allait pas bien et l’ atmosphère dans le groupe était devenue insupportable, donc les changements étaient inévitables. Toutes ces situations ont causé des retards. D’abord, les nouveaux membres doivent travailler pour atteindre un bon niveau en live et après, seulement,, on peut se consacrer à écrire de nouveaux titres. A.R. n’a jamais choisi la facilité : nous avons jeté beaucoup de pistes jusqu’à ce que nous soyons sûrs que l’album soit prêt à être enregistré. La qualité est notre seul critère, peu importe combien de temps cela prend. Apèrs tout, nous avons travaillé ces chansons pendant des années; la qualité et non la quantité…
AM : "Rubicon" est le successeur du très bien coté "Dim Carcosa", il ne doit pas être facile de donner un successeur à un tel chef d’oeuvre, avez-vous ressenti une pression, quels étaient vos objectifs avec ce nouvel album ? Je le trouve plus épique et éclectique tout en demeurant extrême...
Gunther : Quand un changement de line up a lieu, les fans deviennent impatients et une certaine pression apparaît. Beaucoup pensent que le groupe est mort malgré le fait que nous jouons toujours pas mal de concerts et certains pensent que le nouveau line-up ne pourra pas atteindre les standards de “Dim Carcosa”. La patience est importante, on doit tout reconstruire et travailler dur mais il est essentiel de ne pas céder à la pression, sortir rapidement un mauvais album peut signifier la fin d’un groupe. Je décrirais “Rubicon” comme contenant tous les éléments d’A.R. mais en plus travaillé, plus de tout. Le groupe a évolué, le style est toujours indéniablement du A.R., reconnaissable mais différent. Notre musique contient beaucoup de couches superposées aujourd’hui; tout est plus épique, comme dans une BO de film, l’aspect classique n’est plus limité aux intros/outros, comme par le passé. La musique est plus heavy, plus agressive mais aussi plus mélodique, orchestrale et progressive. Le chant offre aussi plus de variété : de l’ extrême au mélodique. Ne vous attendez jamais à deux albums d’ AR identiques, mais toujours un album A.R. authentique, et varié. “Rubicon” est une combinaison de notre évolution musicale en restant loyale à notre style. Je crois que ta description est correcte.
AM : Votre line-up affiche une impressionnante armée
de 3 guitaristes + 1 claviériste, comment travaillez-vous et composez-vous
avec tout ce monde ?
Peu de groupe font cela, quel est l’avantage de la troisème guitare
?
Gunther : L’idée d’avoir 3 guitares vient d’ une impulsion musicale: notre musique est devenue plus complexe, et pendant que deux guitaristes font des leads doublés, un troisième peut appuyer la rythmique heavy. Les guitaristes ont aussi différents backgrounds et influences, ce qui ajoute à la variété. assez peu orthodoxe mais cela a toujours été la politique d’AR. Les orchestration jouent un rôle plus important aussi, notre claviériste est un musicien classique et notre producteur Oliver Phillips est un musicien classique/progressif qui pousse notre musique vers les sommets. Sept personnes dans un groupe demandent de la discipline et de la diplomatie, les egos doivent être mis de côté, seul compte le bien du groupe. Et la concentration est nécessaire pour éviter un son flou et brouillon. Mais quand tout est en place le jeu en vaut la chandelle, pas mal de couches (musicales) peuvent être ajoutées.
AM : Encore une fois, les textes nous ramènent dans l’histoire, et même l’Antiquité avec Jules César et l’empereur Auguste, d’où te vient cette passion pour l’histoire ?
Gunther : L’Histoire est une de mes anciennes passions. Depuis mon enfance je suis fasciné par l’époque médiévale. J’ai souvent voyagé vers des lieux historiques et l’inspiration me frappe en ces lieux hors du temps. J’ai immédiatement l’envie de créer quelque chose avec cette connaissance acquise et je veux recréer ces mondes anciens de manière précise. Par le passé, j’ai utilisé le dessin et la peinture pour exprimer cette passion, aujourd’hui c’est la musique et les textes qui sont à ma disposition. Le fantastique et les mondes abstraits sont très bien aussi mais je recherche la vérité historique. Quand je vois un film de Hollywood dans lequel des Romains portent des uniformes ou des casques qui ne correspondent pas à leur époque, ou que je vois le roi Arthur en armure du 15ème siècle, ou encore ces groupes de Metal dans des accoutrements Viking incorrects, ça m’ennuie. Je hais le kitsch.
AM : Quel est le message que tu veux répandre avec "Rubicon" ?
Gunther : “Rubicon” a une double signification : une historique qui se réfère à Jules César lorsqu’il a franchi le Rubicon avec sa légion pour marcher sur Rome, face à l’impossible. Et ce titre a aussi un sens philosophique : dépasser le point de non-retour. Notre carrière a aussi connu le franchissement du Rubicon d’une façon métaphorique. Cela résume une attitude que j’apprécie dans la vie : peu importe si tout est contre toi, peu importe si tu es seul ; une personne doit suivre sa propre voie. Chaque individu doit pouvoir franchir son Rubicon.
AM : Lors de certains concerts, vous avez affiché sur scène un drapeau flamand, vous avez donc été considérés comme indépendantistes et extrémistes par certains médias en Wallonie, as-tu des regrets par rapport à cela ?
Gunther : Pas seulement en Wallonie, mais c’est surtout en Flandre que ce drapeau suscite beaucoup d’émotions négatives. Pas de regrets. Le nom et les textes du groupe font référence à l’ère médiévale. La Belgique n’a été créée qu’en 1830. Le drapeau médiéval est historiquement correct et colle mieux au concept car la Flandre était une puissance importante au moyen âge, et j’aime écrire sur mon histoire. Je refuse de renier mes ancêtres et mes racines pour plaire aux masses et être politiquement correct. Si je jouais avec un guitariste Wallon, il serait libre de placer un drapeau Wallon sur son ampli pour rendre hommage à ses racines, ça ne me poserait pas de problème. Je joue dans un groupe francophone appelé « Les Villains ». si j’étais contre les Francophones je ne collaborerais pas à ce projet. Dans ce pays, les ancêtres sont boycottés systématiquement et je refuse de jouer ce jeu. Et si cela me vaut d’être boycotté, tant pis, j’en paye le prix. Respecter et aimer ta culture ne veut pas dire que tu hais les autres cultures. Je pense que chaque tribu a sa beauté et sa culture don’t elle peut être fière, qu’elle soit Flamande, Wallonne, Anglaise, Grecque, Allemande, etc... Notre monde moderne réagit hystériquement aux symboles anciens alors que par le passé, ils symbolisaient tout un peuple par la héraldique. Je suppose que mentalement, je ne correspond pas au 21ème siècle.
AM : Quelle est ton opinion quant à la scène métal belge et son public ?
Gunther : Je pense que la scène est plutôt florissante pour un si petit pays. Le public est vraiment très bon. Hélas, il y a beaucoup d’envie et de compétition entre les groupes, une attitudeque je trouve inutile pour ma part. il est bien plus facile pour les groupes Americains, les Scandinaves ou les Anglais de survivre et de recevoir un soutien, mais cela ne nous empêche pas de poursuivre notre combat …
AM : Merci pour ton temps et bonne chance pour Rubicon... si tu veux ajouter une information /message pour nos lecteurs...
Gunther : Le plaisir était pour moi, Eric, bonne chance pour ta publication. Salutations à tous les lecteurs, en espérant voir pour la célébration du Métal. Respect.
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