AM : Masterlast est un groupe composé de personnes de tous horizons tant musicaux que géographiques, comment le groupe s’est-il formé et qu’est qui vous réunit ?
Masterlast : Masterlast a été fondé en 2002 à New York par la suissesse Val Glauser et l’Israelienne Lizza Hasan, qui se connaissaient depuis quelques années et avaient toujours projeté de faire de la musique ensemble. Les premiers résultats sur les compos de Val furent un succès, et les deux filles decidèrent de co-écrire egalement. L’ajout de l’univers sonore du programmeur suisse C-Drike apporta la touche finale à ce qui fait aujourd’hui l’identité sonore de Masterlast. Will Valentine et John Macaluso ont rejoint le projet ulterieurement. A la base, nous voulions tous faire une musique qui arrache, avec des sons electros venus d’ailleurs et des percussions.
AM : « Mastery of self » est un album très abouti dans les moindres détails, surtout pour un premier album. Combien de temps avez-vous mis pour le composer et le réaliser ?
Masterlast : Après la sortie de notre premier EP 4 titres « Think of the day » les choses se sont enchaînées relativement vite avec la signature sur le label Escapi Music. Entre l’enregistrement des premiers demos et le produit final, il a du se passer deux ans et demi.
AM : Votre métal est vraiment original, à la croisée des chemins entre nu metal, indus , progressif, rock alternatif… Comment en êtes-vous arrivés à ce mélange, était-ce cela que vous vouliez faire dès le départ ou cela s’est-il imposé au fur et à mesure de votre travail ?
Masterlast : Nous n’avions pas de stratégie au départ, on s’est plutôt laisser porter par l’inspiration, qui est bien sûr alimentée par nos influences diverses, qui vont puiser dans tous les styles de musique cités plus haut.
AM : Qui a produit cet album ? vous avez un son d’enfer …
Masterlast : Fabrizio Grossi et Masterlast. L’album a été enregistré à Los Angeles, puis mixé et masterisé à Stockholm par Ronny Lahti et Björn Engelmann respectivement.
AM : Maintenant que « Mastery of self » est dans les bacs, quelles ont été les premières réactions de la presse et du public ?
Masterlast : Le public et la presse semble conquis par l’originalité du projet. Les réactions sont très positives, Les gens aiment nos chansons et s’éclatent bien sur les riffs puissants et les rythmes tribaux. Masterlast est un groupe de metal sur lequel on peut groover.
AM : L’album ne sort qu’en février 2007 aux States, où il a je pense de bonnes chances de cartonner. Avez-vous une bonne machine promotionnelle pour là-bas ?
Masterlast : Notre label Escapi Music beneficie d’un bon réseau de promo aux Etats-Unis et sont 100% derrière notre disque. Si les résultats sont positifs en Europe, ils mettront le paquet.
AM : De quoi parlent les textes de Lizza ? Sont—ils autobiographiques ?
Masterlast : Les textes de Masterlast sont écrit soit par Lizza, soit par Val, individuellement ou ensemble. La plupart des textes sont autobiographiques, l’inspiration venant de ce que nous vivons, mais aussi de nos refelxions philosophiques sur l’existence.
AM : Autre question pour Lizza : avec un chant presque Death façon Angela Gossow (Arch Enemy) et un chant mélodique affuté, tu es une des rares chanteuses au monde à être aussi complète au niveau métal. Comment as-tu découvert ce chant rauque et comment t’entraînes-tu ?
Masterlast : J’ai toujours aimé chanter comme ça ainsi que le chant dit plus “melodique”. Je chantais déjà par dessus les disques de Slayer et j’ai ecouté beaucoup de Morbid Angel et de Benediction parmi d’autres… Je me sens confortable dans ce registre et cela colle bien à mon intensité emotionelle et à mon côté passioné.
AM : C-Drike, tu as un rôle important au sein de Masterlast, tu donnes à la fois une touche de modernité par les samples indus et des couleurs du monde entier avec des sonorités issues de musiques traditionnelles. Où puises-tu ton inspiration, quelles sont tes influences ?
Masterlast : J'ai été au départ très influencé par Trent Reznor (Nine Inch Nails). C'est lui qui a fait le lien entre les musiques que j'écoutais alors, plus orientées rock et pop et le métal, qui était un genre qui m'intéressait de prime abord peu parce que je le trouvais assez fermé et replié sur lui-même. J'ai été frappé par l'approche de Trent, la manière dont il a su se dégager de toute convention pour se créer son propre univers, utiliser les sons comme autant de manière d'exprimer sa palette d'émotions. Je me suis un peu inspiré de sa démarche, surtout au départ, en essayant d'apporter une touche plus électronique à la musique de Val et Lizza. Mais mon approche a fortement évolué par la suite car l'idée n'était pas de copier Nine Inch Nails mais de contribuer à la musique de Masterlast en y projetant ma propre fantasmagorie. Or celle-ci m'amène souvent vers l'orient et des climats plus contemplatifs et organiques. Peter Gabriel, mais aussi Siouxsie and the Banshees et the Cure (notamment avec "The Top") ont tenté par le passé ce genre d'exploration avec un certain succès. Ce sont des artistes qui m'ont beaucoup marqué et qui ont laissé en moi une emprunte profonde. Je peux encore citer les Virgin Prunes pour les sonorités plus tribales. Les origines israéliennes de Lizza, sa voix et les arabesques parfois assez fantasques de Val ont constitué un terrain idéal pour construire cet univers.
AM : « I ache » est une chanson remarquable, directe avec un refrain entêtant, vous en avez fait un clip, je suppose donc que c’est votre premier single ? Y a-t-il des chances de le voir passer sur MTV ou MCM ?
Masterlast : I ache a été logiquement choisi comme premier single de l’album. Pour MTV ou MCM, c’est plutôt une question à poser à notre label. Mais ce serait bien sûr une excellente opportunité pour le groupe.
AM : Quels sont vos projets à présent ?
Masterlast : Dans l’immediat nous cherchons un nouveau Management et ensuite nous partirons en tournée pour promouvoir l’album.
AM : Merci de votre temps et de vos réponses, bonne continuation !
Masterlast : Merci à Ars Metallia !