Appréciation musicale :
Genre : métal gothico-symphonique

After Forever « Decipher »

Distribution : Transmission 2001
Durée : 55 min, 11 pistes
Site : www.afterforever.com

 Chronique :  

Le métal gothique est en pleine mutation. Les principaux groupes gothiques, qui officiaient tous dans le métal typé « la belle et la bête », ont revu leur copie. Tristania complexifie ses compos, multiplie les types de vocaux et ajoute des sonorités indus, Theatre of Tragedy joue franchement la carte du Tanz metal, Within Temptation prend une orientation pop… After Forever, après un « Prison of Desire » parfait mais formaté dans ce métal goth que tous les autres pratiquaient, joue la carte symphonique. Leur premier opus avait été très bien accueilli au Benelux, beaucoup moins hélas dans le reste de lŽEurope, mais le succès récolté a convaincu leur label de leur accorder des moyens : les jeunes hollandais ont pu investir et nŽont pas hésité à sŽadjoindre un ensemble à cordes et un chœur professionnel. Et grand bien leur fait ! Pas que leur soprano maison, la plantureuse Floor Jansen, soit un peu juste, car elle a progressé énormément : elle passe sans sourciller et tout en nuances des vocaux soprano classiques à des sons proches de Kate Bush, une performance époustouflante ! Malgré la présence de vocaux agressifs (death et black), la musique dŽAfter Forever invite au rêve et à lŽintrospection (« Intrinsic », « Imperfect Tenses »)… Elle développe des ambiances épiques et majestueuses, où la sensibilité prime sur la violence. Mais attention, jŽai pas dit que cŽétait mou, entendez par là que les guitares sont juste un poil en retrait par rapport aux claviers et aux orchestrations classiques ! Les thèmes abordés ont le mérite de sŽéloigner des sentiers battus : il nŽest pas question de tristes gargouilles, mais de dénoncer sans vulgarité ni haine exacerbée lŽintégrisme musulman (« My Pledge of allegiance », « The key »), ce qui change des sodomisations de boucs chrétiens chères et autres idioties du genre que lŽon peut voir dans le métal extrême. CŽest un détail, mais lŽhorrible et kitche pochette de « Prison of Desire » est oubliée pour un artwork soigné dŽun bien meilleur cru. En résumé un métal brillant et intelligent, presque en mesure de voler la vedette à Therion pour la palme du meilleur groupe symphonique de 2001 !

Hellric

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