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Korn « Untouchables »
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Distribution
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Epic/Immortal 2002
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Durée
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65 min, 14 Titres
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Site
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www.korn.com
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Chronique :
RENDEZ-MOI LES DEUX PREMIERS ALBUMS ! C'en est bel et bien fini de cette rage sincère qui animait, entre un riff saccadé et des hurlements insensés, les plages des débuts de Korn. Cette rage
qui transcendait un peu la musique (présumément) simpliste mais dont les effets ont désormais inspiré une génération de gratteurs. Ce sentiment que Korn vidait ses tripes et le reste
dans des titres comme Faget... je ne veux pas faire ici un replay avant la lettre, mais Life Is Peachy comportait des titres qui avaient déjà peut-être franchi la ligne -- même si j'en bande
encore, No Place To Hide et surtout le célébrissime A.D.I.D.A.S. ont sans doute été les fers de lance pour le groupe, les entraînant dans une direction dont ils ne pouvaient plus
dévier... le titre de l'album va un peu dans ce sens : Korn est désormais inattaquable, peu leur chaut de dévier du chemin tracé dans les débuts ! Du moment que le haut du billboard est
atteint, c'est mission accomplie, pourrait-on dire... (à signaler le message ambigu véhiculé par la cover, dépeignant des enfants qui auraient vieilli prématurément --
d'où la référence à la perte de l'innocence, de la spontanéité et de la candeur "des débuts")
Voilà en gros ce qui me tourmentait mentalement dans l'esprit de ma tête lors de la première écoute de Untouchables. Mais en vérité, ce cinquième opus justifie, sous un
autre angle, son titre : alors que le groupe est désormais commercialement inattaquable, sa dernière réalisation est techniquement inattaquable. Ca ne tourne pas vraiment à la démonstration,
mais on sent un gros, très gros effort d'écriture des compos tout au long du CD. Exit les guitares qui font crunch à l'unisson avec la section rythmique, dorénavant elles
"rempliront" les plages la plupart du temps, plutôt que de les "habiller". Concrètement, cela veut dire que l'instrumentation se fond en un tout plus cohérent, sans vraie
individualité d'un élément particulier, mais tout en laissant la part belle aux variations d'effets. C'était d'ailleurs une deuxième "signature" de Korn, tous ces
effets zarbi qui transformaient une compo standard en quelque chose de sombre, puissant et mystérieux. Tout cela est préservé dans une certaine mesure, et on se délecte en écoutant la
myriade de sons recherchés sur les sept cordes de chaque gratte. Ca donne quelques plages bien foutues, plus retenues que d'habitude, comme I'm Hiding et No One's There en clôture d'album, qui
lorgnent même du côté de Type O Negative avec leurs instrumentations grandiloquentes et un peu kitsch.
Mais le tout gros morceau de cet album, c'est le travail accompli par Jonathan Davis au chant. C'est en l'écoutant qu'on se rend compte du "tir groupé" effectué par les efforts
individuels. Chaque compo porte en elle un peu de perlimpimpin, savamment saupoudré par un Davis méconnaissable par rapport à Issues : voix doublées/triplées, refrains redoutables, style
décalé par rapport à l'instrumentation, effets sonores appliqués aussi au chant... le bougre arrive même par moments à trouver une voix à la Garfunkel (dans One More Time
entre autres) ! A la limite, ce sont les singles qui paraissent les moins intéressants de ce point de vue -- une Here To Stay prévisible, un peu comme si le groupe s'était dit : "Bon ça
va, on va faire au début un truc auquel tout le monde s'attend, voilà c'est fait, on n'en parle plus, maintenant les choses sérieuses", et surtout Alone I Break avec son style Depeche
Mode mal torché. Chacune des treize autres plages a un petit quelque chose à révéler, ce qui donne dans l'ensemble un album très solide. [Passons sous silence pudique la plage (à
peine) cachée, un remix consternant de Here To Stay.]
Pas étonnant donc de voir apparaître ici et là des commentaires bien ronflants du style "le meilleur album du groupe", etc. Tout cela se comprend parfaitement. Je suis d'ailleurs plutôt
d'accord pour dire que professionnellement, Untouchables est le meilleur album de Korn. Le groupe a mûri, a réussi un album remarquablement construit, et est finalement loin des inquiétudes qu'on
pouvait sentir peser depuis Issues. Mais dans mes tripes, je le sens, moi, que ce n'était pas la destinée de ce groupe. Celle qui m'est apparue quand, les yeux écarquillés, j'entendais
pour la première fois cette voix démente ouvrir Life Is Peachy...
VinZ
Appréciation :
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Musique
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Production
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Présentation/livret
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