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Cradle of Filth « Damnation and a Day »
Chronique :
Cradle of Filth est toujours présent dans l'actualité : on a eu droit au discutable " Lovecraft and Witch Hearts " et à l'arnaque " Live Bait for the dead ", mais cette fois c'est du sérieux, un nouvel album, enfin, trois ans après Midian. Pour reprendre un vieille habitude, le line-up a de nouveau changé depuis " Bitter Suits to Succubi ", Gian Pyres (guitares) et Robin Graves (basse) se sont cassés. Le nouveau bassiste est Dave Pybus, ça fait deux ex-Anathema au sein de Cradle. Donc, depuis " Cruelty and the Beast ", tous les musiciens, hormis Dani, évidemment, sont passés à la trappe ! Et pourtant, malgré ces changements le style typique de COF se retrouve immédiatement ; oh, bien sûr, il y a de nouveaux éléments, dont le moindre n'est pas l'orchestre et le chœur de Budapest (72 personnes en tout !), qui apporte une dimension cinématographique à l'œuvre. Venons-en à l'album lui-même : la bande à Dani ne s'est pas foutue de notre gueule, l'album est très long, il s'agit d'un concept sur une vision pervertie de la Bible au travers d'un ange déchu, de la Genèse à l'Armageddon (d'où le sous-titre " from Genesis to Nemesis "), articulé en 4 parties. Chacune est constituée d'une intro symphonique, parfois avec une narration introductive, puis de 3 chansons typiquement " craddeliennes ". Alors franchement, après moultes écoutes intensives, je pense qu'il n'y a aucun titre faible, tous sont horriblement réussis, avec des riffs terribles, des arrangements de claviers éblouissants de Martin Powell, quelques sonorités inédites, des chœurs grandioses avec en plus la diva Sarah Jezebel Deva. Certains titres sont évidemment plus accrocheurs que d'autres (" Babalon AD ", " Hurt and Virtue ", " Thank God for the suffering "), mais tous sont tortueux à souhait, malsains aussi, alternant les passages dévastateurs à des répits atmosphériques divins. L'infâme Dani est toujours aussi possédé dans ses hurlements, qui passent toujours du grave à l'aigu avec aisance et férocité. Le secret des guitares de " Midian " tenait apparemment plus au travail de Paul Allender que de Gian, comme en atteste le terrifiant " Better to reign in Hell ", qui vaut bien un " Lord Abortion ". Alors, meilleur album que les précédents ? Difficile à dire, car de toute manière, tout album de COF suscite passions et polémiques, mais objectivement il est aussi bon ! Preuve que malgré son arrivée chez Sony, COF reste lui-même et n'a -bizarrement- pas vendu son âme au Diable. Un dernier mot sur la production, toujours signée Doug Cook, la meilleure que les Anglais ont jamais eue, et l'artwork encore une fois extraordinaire de John Coulthart (comme pour " Midian "). COF nous fournit donc là encore une œuvre monumentale où ténèbres et folie s'embrassent dans une mortelle étreinte.
Hellric
Appréciation :
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Musique
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Production
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Présentation/livret
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